Note des Marchés – 31 mars 2026

CONTEXTE MACROÉCONOMIQUE

Note des marchés 31 mars 2026

L’ensemble des classes actifs est impacté par le conflit en Iran. Les anticipations de politiques monétaires se sont fortement durcies. Alors qu’avant le conflit, les marchés anticipaient un statu quo en Zone euro et plusieurs baisses de taux aux Etats-Unis. Depuis, le mot d’ordre est au relèvement des taux en Zone euro (trois hausses pour 2026) et à un abaissement aux Etats-Unis (une baisse pour 2026).

Nous estimons que ces mouvements sur les taux sont épidermiques. Le scénario d’une inflation galopante liée au renchérissement des prix de l’énergie nous semble exagéré et loin des fondamentaux post-Covid qui ont conduit à une hausse brutale de l’inflation pour les raisons suivantes : 

  • En 2022, la hausse du pétrole se produisait lors d’une accélération extrêmement brutale de l’économie — un choc de demande. Les marchés du travail se tendaient très rapidement aux États-Unis et dans la zone euro (salaire horaire et taux de démission américains à des plus hauts historiques, offres d’emploi en zone euro à des niveaux record). Aujourd’hui, la situation des marchés de l’emploi est très différente : depuis deux ans, ils se détendent sur les deux zones. Le risque de cercle vicieux que l’on observe quand l’économie tourne à plein régime avec des prix énergétiques qui s’accélèrent n’est pas présent à ce jour.
  • Aux Etats-Unis, l’économie n’est pas suffisamment vigoureuse pour absorber le choc avec une croissance en berne et une inflation déjà au-dessus de l’objectif. Normalement, l’impact d’un choc énergétique sur l’inflation est secondaire.
  • En zone Euro, la situation est plus favorable avec des indicateurs d’activités en amélioration depuis quelques mois et une inflation revenue à l’objectif.

La durée du conflit sera la clé. Un choc d’un trimestre rapidement corrigé aura un effet mineur. En revanche, si le choc continue avec la même ampleur sur deux à trois trimestres, les effets économiques vont commencer à être majeurs. À l’inverse, si le choc se résorbe, les anticipations de taux s’apaiseront et l’on peut paradoxalement se retrouver dans une situation plus favorable qu’avant.

En attendant, nous devons faire avec une volatilité importante, au fil des déclarations, notamment du président des Etats-Unis.

LES MARCHÉS au 31 mars 2026

Note des marchés 31 mars 2026

Sur les marchés actions, le renchérissement du prix de l’énergie et les anticipations de hausses de taux sont perçus comme ayant des effets récessifs. Le prix du baril a débuté l’année autour des 60-70 dollars puis a grimpé jusqu’à 130 dollars en journée mais attention, nous observons une forte spéculation sur l’or noir. Préalablement au conflit, l’ensemble des marchés avaient débuté l’année sur une notre très positive, avec des niveaux de valorisation très élevés. La correction générée par le déclenchement du conflit n’est donc pas surprenante. A noter qu’à ce stade, il s’agit bien d’une correction et non d’une capitulation avec des indices qui chutent de -6% à -15% selon les zones. Les émergents et l’Europe sont les plus touchés (respectivement -13% et -10% sur mars) alors que les marchés américains résistent mieux dans la baisse (-5% sur mars). L’ensemble des places boursières ont effacé leurs gains pris en début d’année, seul le Japon reste en territoire positif sur le trimestre.

Sans surprise les segments les plus durement touchés sont ceux les plus sensibles aux prix de l’énergie et de l’inflation (industrie -11% et consommation -12%) et aux anticipations de hausses de taux (technologie-5 à-13%). Sans surprise également, le secteur de l’énergie est le seul à profiter du contexte et tutoie les +40% depuis le début de l’année.

Le dollar, qui souffrait en 2025, redevient valeur refuge. Mouvement qui pénalise l’or, en fort recul depuis le début du conflit. Le métal jaune est également victime de ventes destinées à couvrir les pertes et illiquidités sur d’autres classes d’actifs.

Focus OR : Pourquoi l’or baisse-t-il ?

Malgré les tensions géopolitiques, l’or accuse une forte baisse.
Plusieurs facteurs expliquent cette baisse :

  • En raison de la chute des marchés d’actions, les investisseurs liquident des actifs en portefeuille notamment l’or pour couvrir leurs pertes sur d’autres actifs. Ils hésitent d’autant moins à vendre de l’or que ce dernier avait fortement progressé depuis le début de l’année.
  • Le renchérissement du pétrole rend moins probables les baisses de taux. La détention d’or qui ne verse ni dividendes, ni intérêts, devient moins compétitive par rapport à la dette américaine (autre valeur refuge) quand les taux sont élevés.

Sur les marchés de taux, les dettes européennes et américaines se maintiennent à leurs niveaux les plus élevés depuis plusieurs mois. La dette française à 10 ans culmine à un taux jamais observé depuis 10 ans (3.72%). Les plus grandes Banques Centrales du monde tenaient la semaine dernière leur réunion de politique monétaire. Toutes ont maintenu leurs taux inchangés. Cependant, le ton des banquiers centraux est apparu très préoccupé quant aux conséquences inflationnistes, notamment en Europe. Les marchés obligataires ont donc réagi brutalement : les taux d’intérêts ont augmenté partout, avec un aplatissement remarquable des courbes de taux.

Ce phénomène se fait par une hausse des taux à court terme (reflétant les anticipations des taux directeurs) et non par une baisse des taux à long terme (reflétant les attentes sur la croissance). Autrement dit, investir à court terme actuellement est de plus en plus rémunérateur. Dans une situation à l’équilibre, nous sommes plus rémunérés pour investir à long terme qu’à court terme (prise de risque supérieure).

Cette remontée des taux a frappé de plein fouet les obligations d’entreprises, quel que soit le segment : les obligations d’entreprises européennes les mieux notés a été de -1.10% et -1.80% pour les moins bien notées.

Nous constatons que la volatilité ne se limite plus aux actions : elle se diffuse à toutes les grandes classes d’actifs. Les actions et obligations peuvent désormais baisser simultanément, réduisant l’efficacité de la diversification traditionnelle. Les secteurs liés à l’énergie ou aux matières premières peuvent surperformer, tandis que les secteurs sensibles aux taux et aux coûts énergétiques restent vulnérables. Les marchés sont plus dépendants du flux d’actualités géopolitiques et énergétiques, avec un risque accru de mouvements brutaux à court terme.

Document achevé de rédiger le 31 mars 2026 par le Cabinet OFFICINA et à destination unique des particuliers.

Melanie